Sweet Sixteen

Ken Loach

Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, 2002


Dans quelques jours, Liam (Martin Compston) aura 16 ans. Sa mère, Jean (Michelle Coulter), en prison, doit être libérée à temps pour l’anniversaire de son fils. Liam rêve d’une famille comme il n’en a jamais eu et redoute l’influence de Stan (Gary McCormack), le compagnon de Jean. Il veut un foyer pour sa mère, sa soeur Chantelle (Annmarie Fulton) et lui. Encore faut-il trouver de l’argent. Avec ses copains, Liam enchaîne les combines, mais, rapidement, les ennuis commencent. Il sent que la situation devient grave et qu’il perd pied. Il faudrait partir, mais peut-être est-il déjà trop tard…

La naissance du personnage de Liam remonte à l’écriture de My Name Is Joe (1998), et ni le cinéaste ni Paul Laverty, le scénariste, ne pouvaient abandonner ce personnage par la suite. Leur volonté commune était de montrer comment un jeune garçon essaie de trouver un sens à sa vie, au sein d’une famille dévastée. Laverty a effectué un profond travail d’investigation auprès des aides familiales, dans des foyers et des structures d’hébergement spécialisées. Il déclare : « Pendant l’adolescence, tout se bouscule. On a une énergie particulière qui peut soit vous stimuler très positivement, soit faire beaucoup de dégâts. L’état de fragilité se mélange à un courage immense, même s’il est souvent utilisé sans discernement. » Son talent et son sens de l’engagement furent célébrés au Festival de Cannes 2002, où il reçut le prix du scénario. Le travail de Barry Ackroyd, directeur de la photographie, est également remarquable. En plaçant toujours la caméra à hauteur des yeux, il donne au spectateur l’impression d’être partie prenante de ce qu’il voit. Il a cherché à souligner la noirceur de l’histoire en prenant une lumière très naturelle et en surexposant la pellicule. Les paysages de l’estuaire de la Clyde caractérisent parfaitement la dualité du fond et de la forme dans les films de Ken Loach : la noirceur des situations contraste avec une image d’une beauté lumineuse et sauvage, la force visuelle atteint son paroxysme lorsque le récit et sa représentation se confondent. Pam Marshall, documentaliste sur le film, revient sur le choix du lieu de tournage : « Greenock et Port Glasgow sont des villes dont l’identité est très forte. Le fleuve impose dans le paysage urbain sa présence extraordinaire. Le vent d’ouest omniprésent, la mer du Nord et les hautes collines qui dominent la ville alimentent aussi un climat rude. Liam est attiré par le fleuve, il peut laisser courir son imagination et réfléchir aux choix qui vont changer le cours de son existence. » Une déambulation dans des ruelles, un tour à la campagne : l’espoir résiste tant bien que mal à la réalité, pour cette jeunesse qui a soif de liberté, de justice et de bonheur. Sweet Sixteen, titre à l’ironie délicate, révèle les nombreux tourments, les combats vains et les petites victoires de l’adolescence dans une région meurtrie. Liam aspire à une vie meilleure et choisit les voies les plus dangereuses pour la rendre accessible : dans quelle mesure peut-on s’élever à partir de bases aussi corrompues ? Ken Loach signe ici un de ses films les plus poignants, qui lui permet de peindre le portrait âpre et juste d’un jeune garçon, et de se faire l’écho d’une région en situation d’urgence économique et sociale. 

 

Rebecca O’Brien, productrice

« Nous avons pu financer l’écriture nous-mêmes. Nous avions donc une grande liberté,

nous ne dépendions pas de financements extérieurs. Nous gardions ainsi le contrôle sur

le film, c’était pour nous la meilleure façon de travailler. Sweet Sixteen est un film sans

concession, un film coup-de-poing, un film dur aussi. Mais je le trouve souvent drôle. »

 

Prix du scénario

Après la remise du prix du scénario au Festival de Cannes, Paul Laverty déclara :

« Je vais vous confier un secret. Les meilleurs éléments du scénario, ce sont les gens.

J’ai rencontré de nombreuses personnes, des enfants, des femmes, des prisonniers.

Je les remercie d’avoir parlé avec moi au coin des rues, de m’avoir permis de raconter

leur vie dans le film.»

 

Martin Compston

L’interprète de Liam a 17 ans lorsqu’il est choisi, lors d’une audition dans son lycée.

Il n’a alors jamais joué la comédie. Il déclare : « Franchement, j’avais pas trop envie

d’aller à l’audition. C’est mon père qui m’a poussé ! ». Quant au travail de direction

d’acteurs de Ken Loach : « Ken ne s’énerve jamais. Il me donnait toujours des conseils,

tout en laissant beaucoup de liberté pour s’exprimer… » Ken Loach est connu

pour ne communiquer le scénario aux comédiens que par bribes.

Ce qui convenait parfaitement au jeune Martin : « J’étais tout le temps surpris,

j’en étais arrivé au point où je ne croyais plus rien de ce qu’il me racontait,

je m’attendais à voir surgir quelqu’un de n’importe où ! »





Sweet Sixteen
Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, 2002, 1 h 46, couleur, format 1.85

Réalisation
: Ken Loach
Scénario
: Paul Laverty
Photo : Barry Ackroyd
Musique : George Fenton
Montage : Jonathan Morris
Décors : Martin Johnson
Costumes : Carole K. Millar

 

Production : Rebecca O’Brien, Peter Gallagher

Interprètes
: Martin Compston (Liam), William Ruane (Pinball), Annmarie Fulton (Chantelle), Michelle Abercromby (Suzanne), Michelle Coulter (Jean), Gary McCormack (Stan), Tommy McKee (Rab), Calum McAlees (Calum)

 

Sortie au Royaume-Uni : 4 octobre 2002
Sortie en France : 11 décembre 2002

Distributeur : Diaphana

Séances



Mardi 16 octobre à 17h00, Pathé Bellecour (S2)
Vendredi 19 octobre à 20h30, Cinéma Le Lem
Dimanche 21 octobre à 10h45, Pathé Bellecour



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