Carla's Song

Ken Loach

Royaume-Uni, Espagne, Allemange, 1996


Glasgow, 1987. George (Robert Carlyle), jeune chauffeur de bus, tombe amoureux de Carla (Oyanka Cabezas), réfugiée nicaraguayenne qui a fui son pays en guerre après avoir été témoin d’événements dont elle ne veut pas parler. Un jour, George sauve Carla de justesse d’une tentative de suicide. Il décide alors de se rendre au Nicaragua avec elle, sur les traces de son passé douloureux…

Paul Laverty fut avocat à Glasgow. Il est devenu, depuis quelques années, le fidèle scénariste de Ken Loach. Dans Carla’s Song, on voit qu’il connaît bien l’Amérique latine. Il a beaucoup voyagé au Guatemala et au San Salvador et a passé deux ans et demi au Nicaragua, au milieu des années quatre-vingt. Il a travaillé au sein d’organisations gouvernementales pour la défense des droits de l’homme au Nicaragua et a vécu les réalités de la guerre. De retour en Grande-Bretagne, sa volonté de partager son expérience avec des personnes autres que les syndicats et les groupes de solidarité contactés, l’a poussé à écrire le scénario de Carla’s Song. « J’ai écrit de nombreux articles, raconte-t-il, et puis un jour, je me suis dit : "C’est le moment ! Je dois absolument essayer d’écrire une histoire qui puisse toucher le plus grand nombre de gens." Alors, naïvement, j’ai décidé d’écrire un scénario. » Sa route l’a conduit jusqu’à Ken Loach, à qui il a adressé une première ébauche. À cette époque, le cinéaste travaillait au montage de Riff-Raff. Malgré quelques problèmes dans le scénario, Loach a été impressionné par l’approche de Paul Laverty : « Paul est de toute évidence un écrivain formidable. Je me suis également tout de suite rendu compte que c’est quelqu’un avec qui j’aimerais travailler. Nous avons parlé de la façon dont nous pourrions écrire une histoire qui serait envisageable d’un point de vue financier, et qui graviterait autour d’un personnage de langue anglaise. » Avec le soutien du Scottish Film Production Fund et de l’European Script Fund, Laverty et Loach ont travaillé sur le scénario pendant trois ans par intermittence, quand les tournages de Raining Stones, Ladybird et Land and Freedom le permettaient, ce que Paul Laverty a trouvé particulièrement enrichissant : « C’est très très simple, dit-il en riant, on procédait ainsi : j’envoyais une copie du scénario à Ken qui prenait un feutre rouge et le lisait attentivement. Il me posait tout un tas de questions et me demandait de me justifier sur chaque point, chaque question. Ensuite, on avait une explication sérieuse et je flanquais tout à la poubelle. Je rentrais alors chez moi pour écrire une nouvelle version. Et on recommençait selon le même principe, encore et toujours. C’était génial ! Écrire, c’est explorer tout un tas de possibilités : j’étais vraiment ravi d’avoir à surmonter ce genre de difficultés. Avec Ken, ce qui importe avant tout, c’est l’honnêteté des émotions de chaque personnage. » « Au début, raconte le cinéaste, on s’est demandé si l’histoire pouvait être bâtie du point de vue d’un réfugié nicaraguayen. Mais très vite, il nous a paru évident que c’est au Nicaragua qu’il fallait raconter ce qui s’y est passé, pour qu’on ne puisse plus en nier l’existence ni la responsabilité. Mais le film montre surtout ce qu’on peut faire quand on décide d’agir ensemble. Nous souhaiterions que le spectateur fasse le même voyage que George durant le film. » 


Cinéma et diplomatie

La Grande-Bretagne n’entretenait pas de bonnes relations commerciales avec le Nicaragua.

« Pendant un moment, se souvient Sally Hibbin, j’ai bien cru qu’il nous serait impossible

de tourner sur place. Mais l’Institut culturel du Nicaragua nous a proposé son aide, et cela

à permis à l’équipe du film de surmonter les difficultés entre les deux pays. » Bien que le

ministère de l’Éducation ait refusé à la production le droit d’utiliser certains de ses locaux

comme décors, le gouvernement de centre-droit de l’époque ne s’est pas opposé au

tournage du film.

 

Oyanka Cabezas

Oyanka Cabezas, si elle avait déjà joué dans El espectro de la guerra (Ramiro Lacayo, 1988),

n’était pas actrice, mais danseuse. Née au Nicaragua, elle rejoint à 17 ans la prestigieuse troupe de Danza

contemporanea de Camara. Convoquée pour le casting, sa première réaction a été de refuser : « Je n’étais pas

vraiment intéressée parce que je ne parle pas anglais et ne suis pas actrice », expliqua-t-elle à l’époque. « Ce

qui est arrivé à Oyanka, raconte Ken Loach, est très semblable à ce qui arrive à Carla, qui ne parle pas anglais

quand elle arrive en Écosse. Je pense qu’elle a éprouvé pas mal de difficultés à s’exprimer, exactement

comme Carla. Cela procure une certaine frustration. Mais, lorsqu’elle est arrivée au Nicaragua, elle est soudain

devenue beaucoup plus à l’aise, plus sophistiquée, plus précise dans ce qu’elle pouvait nous donner. »





Carla’s Song
Royaume-Uni, Espagne, Allemagne, 1996, 2 h 07, couleur, format 1.85

Réalisation
: Ken Loach
Scénario
: Paul Laverty
Photo : Barry Ackroyd
Musique : George Fenton
Montage : Jonathan Morris
Décors : Martin Johnson

 

Production : Sally Hibbin

Interprètes
: Robert Carlyle (George), Oyanka Cabezas (Carla), Subash Singh Pall (Victor), Stewart Preston (McGurk), Gary Lewis (Sammy), Margaret McAdam (la mère de George)

 

Sortie au Royaume-Uni : 31 janvier 1997
Sortie en France : 30 octobre 1996

Distributeur : Diaphana

Séances



Jeudi 18 octobre à 10h30, Cinéma Comœdia
Dimanche 21 octobre à 14h00, Pathé Bellecour (S2)



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