Kes

Ken Loach

Royaume-Uni, 1969


Billy (David Bradley), 12 ans, vit dans une petite ville minière du Nord-Est de l’Angleterre. Il ne supporte plus son univers : sa mère (Lynne Perrie) l’ignore, son frère (Freddie Fletcher) le traite en soffre-douleur et à l’école, distrait et indiscipliné, ses camarades et professeurs lui sont hostiles. Un jour, il trouve un jeune rapace et décide de dresser l’oiseau. Son professeur lui demande d’exposer à la classe l’art de dresser un faucon. Billy réussit enfin à intéresser ses camarades...

 

Ce second long métrage réalisé pour le grand écran – le premier que voient les Français, car Poor Cow, réalisé en 1967, ne sortira en France qu’après Kes – est encore aujourd’hui l’un des plus beaux films de Ken Loach. C’est Tony Garnett qui lui a fait découvrir le roman de Barry Hines, encore enseignant à l’époque. Le film sera d’ailleurs en partie tourné dans l’école où il exerce. Le cinéaste quitte Londres, où il a tourné ses films précédents, pour le Nord de l’Angleterre. C’est presque un retour aux sources, puisqu’il est natif du Warwickshire. Il s’intéresse à l’héritage minier, à la culture ouvrière de cette région, qui va devenir le milieu privilégié de son inspiration. Loach fait preuve d’une grande finesse dans l’observation des mécanismes implicites qui maintiennent les plus démunis dans l’exclusion. À l’époque, le réalisateur s’intéresse de plus en plus au néoréalisme italien, au nouveau cinéma tchèque, et prend ses distances avec la Nouvelle Vague française. Mais L’Enfance nue (1968) de Pialat n’est pas si loin. Loach travaille avec des acteurs non-professionnels – cela deviendra une pratique courante – comme le petit David Bradley qui interprète Billy. « L’enfant est comédien dans sa nature-même, commente Michel Ciment (Positif n° 119). Vouloir obtenir de lui un jeu, une composition, c’est souvent le figer dans une attitude. Ici, David Bradley a une présence prodigieuse. » « La relation qu’entretient Billy avec son faucon n’est pas celle du maître et de l’esclave, analyse Freddy Buache dans son Cinéma anglais (L’Âge d’Homme, 1978) ; elle relève plutôt d’une sorte de mutuelle reconnaissance et Billy voit d’un regard nouveau la société, notamment les professeurs qui, tout en croyant défendre les vraies valeurs, les ridiculisent et se ridiculisent eux-mêmes : en classe ou sur le terrain de sport, pendant un match de football, les méthodes d’éducation et le comportement des éducateurs suffisent à condamner l’univers des adultes qui, bourgeois ou prolétaires, ont perdu, jusqu’à la dernière, toutes leurs facultés d’émerveillement, de compréhension fraternelle et de révolte. » Billy, qui subit chaque jour les dommages du système éducatif, a bien conscience qu’il ne dresse pas l’oiseau, mais qu’il l’entraîne : le faucon est sauvage, et c’est ce qui fait toute sa valeur aux yeux de l’enfant. « Loin de tout message et de tout didactisme, observe Michel Ciment, Kes est un constat sévère sur la faillite d’un système d’éducation, l’indifférence des adultes et la captivité d’un enfant qui retrouve grâce au faucon un compagnon de liberté… » Une leçon de cinéma et d’humanité. 

 


Kes

« Kes » vient de l’anglais « kestrel » : crécerelle, petit rapace, faucon.

En 1969, Ken Loach et Tony Garnett créent une société de production : Kestrel Films.

 

Rétribution

Les enfants qui, dans le film, ont reçu des coups de badine de la part du professeur furent,
pour leur peine, payés cinquante pence de plus que les autres.


Hyppolite Girardot

L’acteur est un grand admirateur de Ken Loach et particulièrement de Kes
qu’il a découvert à l’âge de 13 ans, qu’il n’a jamais revu mais dont il garde
un souvenir ému. Il sera sans doute dans les parages lyonnais
quand le film sera montré…


Prêt

L’un des faucons utilisés dans le film, un faucon crécerelle,
appartenait à Robert Nairac, un officier de l’armée britannique
assassiné par l’IRA. Nairac était encore étudiant à l’Université
lorsqu’il autorisa Ken Loach à utiliser son animal.


Dialecte

Le dialecte du Yorkshire parlé dans le film est difficile à comprendre
pour les anglophones. Dans l’édition DVD aux États-Unis, le film a été entièrement
doublé. Et à Cannes, c’est régulièrement que les films de Ken Loach, dont le dernier,
La Part des anges, sont sous-titrés en… anglais.






Kes
Royaume-Uni, 1969, 1 h 50, couleur, format 1.66

Réalisation
: Ken Loach
Scénario : Barry Hines, Kenneth Loach, Tony Garnett d’après le roman A Kestrel for a Knave de Barry Hines
Photo : Chris Menges
Musique : John Cameron
Montage : Roy Watts
Décors : William McCrow


Production
: Tony Garnett

Interprètes : David Bradley (Billy), Freddie Fletcher (Jud), Lynne Perrie (Mme Casper), Colin Welland (M. Farthing), Brian Glover (M. Sugden), Bob Bowes (M. Gryce)


Sortie au Royaume-Uni : 27 mars 1970
Sortie en France : 19 juin 1970

Distributeur : Les Films du Paradoxe

Film restauré par Park Circus à partir d’éléments pellicule-cinéma pour un transfert vers un élément numérique et a été réalisé par les ayants droits anglais.
Version sous-titrée français prise en charge par Les Films du Paradoxe et le CNC.

Séances



Mardi 16 octobre à 10h30, Cinéma Comœdia
Jeudi 18 octobre à 14h00, Pathé Bellecour
Vendredi 19 octobre à 21h25, Pathé Cordeliers
Dimanche 21 octobre à 20h00, Pathé Bellecour (S2)
Samedi 27 octobre à 18h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Jeudi 01 novembre à 17h00, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Mardi 06 novembre à 21h00, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8



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