Cathy come Home

Ken Loach

Royame-Uni, 1966


Cathy (Carol White) et Reg (Ray Brooks), un jeune couple, vivent une relation parfaite. Ils habitent un logement moderne avec leur enfant, jusqu’à ce que Reg perde son emploi. Dès lors, ils doivent affronter le chômage et la pauvreté : ils sont expulsés et trouvent refuge dans un squat, puis dans un foyer. Finalement, les services sociaux considèrent que Cathy ne peut garder son enfant et le lui retirent…

Cathy Come Home est l’un des tout premiers films de Ken (alors encore Kenneth) Loach, à l’époque où il tourne pour la BBC des téléfilms dans le cadre des Wednesday Plays, les "Dramatiques du mercredi soir". « La grande période du docudrama, explique Philippe Pilard (Le Renouveau du cinéma britannique, Éditions des Cinq continents/Hatier, 1989) a été celle des années soixante où Ken Loach avec Cathy Come Home ou Peter Watkins avec Culloden ou La Bombe, qui fut interdit d’antenne, bouleversaient l’opinion. » « Les deux premiers films que j’ai réalisé pour la télévision, Up the Jonction (1965) et Cathy Come Home, ont fait scandale, témoigne le cinéaste. Je "choquais le bourgeois". J’étais le vilain petit canard. » C’est à la BBC qu’il rencontre le scénariste et producteur Tony Garnett, dont il partage les opinions politiques et artistiques, et avec lequel il travaillera à de nombreuses reprises. La plage horaire de diffusion obtenue, à 21 h, juste après le Journal télévisé, n’est pas sans signification. L’intention est de faire ressentir leur programme non comme une fiction d’évasion, mais comme une continuation des "News" : « Les instances officielles étaient très gênées, car elles n’arrivaient pas à distinguer ce qui était du documentaire de ce qui était de la fiction, se souvient Ken Loach. » Le réalisateur s’intéresse déjà à la manière de lier les deux : les films pour la télévision étaient alors presque tous tournés en studio. Loach et Tony Garnett ont inventé un nouveau style de fiction télévisuelle, en sortant les caméras du studio pour les poser dans la rue. On n’est pas loin du Free Cinema, mouvement contestataire qui a marqué l’Angleterre des années cinquante et soixante, qu’on a comparé à la Nouvelle Vague française, pourtant moins politisée, du moins pas de la même manière. « Grâce aux caméras 16mm, surtout utilisées pour les informations, Loach et Garnett effectuent les tournages en extérieur, en l’occurrence dans Birmingham et dans Londres. » (Bonus DVD, Doriane Films). C’est grâce à cela que le film a eu un tel impact : même si le cinéaste regrette que celui-ci n’ait pas davantage changé les conditions de logement, Cathy Come Home a tout de même déclenché un débat au Parlement et permis la création de l’association Caritative Shelter, destinée aux sans-abris. Melvyn Bragg, un journaliste, se souvient : « On a fait les titres de journaux quelques temps. Cependant, il est clair que nous n’avons rien changé à la situation. » Mais le retentissement du téléfilm a été si important qu’il n’a pu que conforter Loach dans son choix d’un cinéma engagé. « L’énergie vitale que dégage un film tient toujours dans une question que devrait se poser un cinéaste, expliquait-t-il lors de sa "Leçon de cinéma" à la Cinémathèque de Nice en 2001 : pourquoi fait-on un film ? Ça paraît évident, et pourtant beaucoup ne se la posent même pas. Quand je rencontre des anonymes, ouvriers exploités, chômeurs, SDF, dont les faits et gestes ne sont jamais mentionnés à la une des journaux, c’est la moindre des choses que de leur donner la parole, de raconter leur histoire. Caméra à l’épaule ou sur pied, 35mm ou 16mm, documentaire ou fiction, peu importe… Moi je sais pourquoi je filme. » Après cette expérience, Ken Loach s’engagea dans la carrière courageuse et généreuse qu’on lui connaît.

Carrière

Ken Loach a commencé

par des expériences théâtrales, avant de

s’orienter vers la télévision où il rencontra

Tony Garnett, le producteur de ses

premiers films. Ils débutèrent par

l’adaptation télévisée de la pièce de

David Mercer, In Two Minds, puis

continuèrent avec les dramatiques

Up the Junction, Cathy Come Home,

The Coming Out Party, The End of

Arthur’s Marriage, avant de produire

des films pour le cinéma.

Notoriété

Cathy Come Home est sans doute l’un des films

les plus connus de l’histoire de la télévision anglaise :

il fut regardé par un quart de la population lors de sa

première diffusion sur la BBC, en novembre 1966,

ainsi que lors de sa rediffusion en janvier 1967.s films pour le cinéma.

Docufiction

Le film est tellement réaliste que pendant

longtemps, dans la rue, les gens arrêtaient

Carol White pour lui donner un peu d’argent.

Il faut dire que c’est une photo d’exploitation

du film, sur laquelle elle seule figurait,

qui servit à la campagne de presse de

l’association Shelter.





Cathy Come Home
Royaume-Uni, 1966, 1 h 15, noir et blanc, format 1.33

Réalisation : Ken Loach
Scénario : Ken Loach d’après une histoire de Jeremy Sandford
Photo : Tony Imi
Musique : Paul Jones
Montage : Roy Watts
Costumes : Valerie Spooner

Production
: Tony Garnett

Interprètes : Carol White (Cathy Ward), Ray Brooks (Reg Ward), Winifred Dennis (Mrs. Ward), Wally Patch (Grand-père), Adrienne Frame (Eileen), Emmett Hennessy (Johnny), Alec Coleman (l'invité du mariage), Geoffrey Palmer (l'agent de la propreté), Gabrielle Hamilton (l'assistante sociale)

Sortie au Royaume-Uni : 16 novembre 1966
Sortie en France : 1971

Remerciements à Doriane Films

Séances



Mercredi 17 octobre à 11h15, Cinéma Comœdia
Vendredi 19 octobre à 19h15, Institut Lumière



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