Land and Freedom

Ken Loach

Royaume-Uni, 1995


David (Ian Hart), jeune communiste anglais, s’engage auprès des troupes espagnoles antifascistes au début de la guerre civile espagnole. Aux côtés d’autres étrangers, membres d’un petit groupe réuni autour d’un même idéal révolutionnaire, leur combat pour l’honneur et l’espoir butte sur un ennemi inattendu…

Land and Freedom voit le jour alors que la popularité de Ken Loach en Europe est au plus haut. Le film traite du conflit, pendant la guerre d’Espagne, entre l’armée républicaine, alors aux mains des communistes staliniens, et les milices trotskistes du P.O.U.M. « C’est surtout l’histoire d’une révolution trahie », explique Ken Loach. Le cinéaste se sert de ce film, comme de tous les autres, pour exprimer sa vision politique : « La révolution espagnole a été écrasée par la politique internationale du Parti communiste russe de l’époque, avec l’aide de l’Ouest qui s’est allié au fascisme en Espagne. La guerre d’Espagne est un moment important à célébrer parce qu’il s’agit d’une époque où les gens ont pris le contrôle de leur vie. » Le film est centré sur un groupe de seize hommes et femmes venus de différents pays d’Europe et des États-Unis. « Comme toujours chez Ken Loach, analyse Hubert Niogret (Positif n° 413/414, été 1995), tout passe par des personnages, des émotions, des confrontations, des altercations et des rencontres. Pour éviter les reconstitutions, il recentre en permanence le film sur le rapport intime de l’individu à l’Histoire. » En effet, le cinéaste témoigne : « Rassembler un groupe de personnes fortement liées les unes aux autres est une façon très fructueuse de travailler : cela suscite des incidents, des relations et des remarques, et amène ainsi sa propre vitalité. » Car Ken Loach a véritablement choisi des acteurs venant de différents pays : États-Unis, France, Angleterre, Espagne. Certains parlaient les langues des provinces espagnoles, comme le castillan ou le catalan. « Le mélange des langues représentait un vrai défi, précise Ken Loach, car il fallait davantage de sous-titres que ceux prévus au départ. » Pour incarner la milice, Loach a dû faire un choix : « On aurait pu prendre cinq ou six acteurs professionnels pour les rôles principaux et des figurants pour tous les autres rôles, mais je n’aimais pas du tout cette idée, car dans le mot "figurant", il y a une notion de superflu. En réalité, chaque personnage de la milice avait forcément une personnalité. On devait s’assurer que les qualités personnelles de chacun feraient surface. » Un profond sentiment de solidarité existait entre les acteurs qui incarnaient les miliciens, et cela les a encouragés à improviser des scènes et des dialogues. Land and Freedom s’enflamme de la même étincelle militante qui anime l’ensemble du cinéma de Ken Loach, sans que l’amertume envers cette lutte fratricide entame la foi du réalisateur. Ce grand cinéaste politique réalise un film-mémoire et un film-histoire. 

 

Casting

Ken Loach a choisi ses acteurs en leur faisant

faire, notamment, un exercice d’improvisation :

organiser une manifestation contre Le Pen.

 

P.O.U.M.

Le Parti ouvrier d’unification marxiste est né en 1934, de la fusion de la Gauche

communiste qui venait de rompre avec Trotsky, et du Bloc ouvrier et paysan. Le P.O.U.M.

est un sujet d’inquiétude pour les communistes officiels comme pour la Confédération Nationale

du Travail : il se veut le représentant du véritable communisme et proclame sa fidélité à Lénine.

Au difficile choix qui se pose au mouvement ouvrier espagnol, faire alliance avec les Républicains

ou mener une lutte armée hors du cadre parlementaire, le P.O.U.M. propose sa propre réponse :

la seule alternative à la victoire du fascisme est celle de la révolution.

 

Actualité

À l’occasion de la sortie du film en 1995, à la fin d’un entretien,

un journaliste demande à Ken Loach s’il a quelque chose à rajouter à propos du film.

Le cinéaste répond : « En Angleterre, on nous demande de travailler plus dur pour moins d’argent.

Que ceux qui vont voir ce film se disent que toute cette histoire de compétition, c’est de la foutaise.

Nous sommes tous du même côté, nous devons nous organiser pour travailler ensemble

sur un pied d’égalité. Car aujourd’hui, il y a des guerres à mener : contre le chômage,

et pour une société multiethnique contre ceux qui la veulent monoraciale.

Dans ce combat aussi, la solidarité internationale est indispensable. »

 

Copies

La sortie de Land and Freedom de Ken Loach s’est faite dans 150 salles en France et… 19 au Royaume-Uni.

La sortie nationale des films britanniques indépendants, dont certains sont primés dans les festivals internationaux,

s’effectue, au mieux, avec une demi-douzaine de copies, contre plusieurs centaines pour certains films américains.    





Land and Freedom
Royaume-Uni, 1995, 1 h 49, couleur, format 1.66

Réalisation
: Ken Loach
Scénario : Jim Allen
Photo : Barry Ackroyd
Musique : George Fenton
Montage : Jonathan Morris
Décors : Martin Johnson


Production
: Rebecca O’Brien

Interprètes
: Ian Hart (David Carr), Rosana Pastor (Blanca), Icíar Bollaín (Maite), Tom Gilroy (Lawrence), Marc Martínez (Juan Vidal), Frédéric Pierrot (Bernard Goujon)

 

Sortie au Royaume-Uni : 6 octobre 1995
Sortie en France : 4 octobre 1995

Distributeur : Diaphana

Séances



Mardi 16 octobre à 20h30, Cinéma Opéra
Vendredi 19 octobre à 20h30, Ciné Toboggan



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