La compagnia dei matti

Mario Almirante

Italie, 1928


Un jeune homme meurt en léguant tout son argent au groupe d’amis avec lesquels il a l’habitude de sortir, afin qu’ils puissent continuer leur vie légère et fêtarde. Ils vieillissent, mais la seule possibilité de bénéficier de cet héritage est de continuer à mener cette vie dissolue…

Jeune homme, Vittorio De Sica a fait des études de comptabilité et s’inscrit à l’Institut supérieur de Commerce. Rien ne laisse présager une carrière artistique. Mais pour équilibrer son budget, à une époque où sa famille a des difficultés financières, il intègre une troupe de théâtre dirigée par Tatiana Pavlova, pour y jouer les utilités, des petits rôles ou de la figuration, et débute dans un rôle de domestique dans la comédie Rêve d’amour. Il y est brillant, donc, et remarqué. Il intègre ensuite la troupe d’Italia Almirante et obtient le titre de bel giovane. Or, à la faveur d’une défaillance de la vedette, il prend la place du jeune premier et devient l’idole du public féminin, totalement conquis. Et c’est en 1926 que s’ouvrent pour la première fois les portes des studios : il joue un petit rôle dans La belleza del mondo, un film muet de Mario Almirante, qui, à côté de son travail de metteur en scène au théâtre, avait commencé sa carrière de réalisateur au début des années vingt. Puis, en 1928, il joue le rôle du professeur Rosolillo dans La compagnia dei matti. Malheureusement, « ces débuts coïncident avec la disparition quasi totale de la production italienne et il faudra attendre de meilleurs jours pour voir reparaître au studio ce jeune premier prometteur. » (Pierre Leprohon, Vittorio De Sica, Seghers, 1966) 

 

La toute première fois

En fait, Vittorio De Sica avait déjà joué une première fois

dans un film : en 1917, à dix ans, il interpréta un tout petit rôle

dans L’Affaire Clémenceau, un film du réalisateur Alfredo

De Antoni, dont la vedette était une grande diva du muet :

Francesca Bertini. Il y interprète le personnage

de Pierre Clémenceau enfant.

 

Almirante

Mario Almirante fut le réalisateur

en 1933 d’un « remake » italien de

Fanny de Pagnol, dans une adaptation

signée Raffaello Matarazzo et

Alessandro di Stefani.

 

Les femmes de sa vie

« Tatiana Pavlova fut vraiment la première femme qui eut de l’importance

dans ma vie, racontera Vittorio De Sica. J’éprouvais pour elle une admiration

et un enthousiasme sans limite. C’est elle qui a orienté toute ma carrière,

et si je suis devenu “De Sica”, c’est en grande partie grâce à elle. »

 

Ciné-concerts

Le festival Lumière proposera

une belle série de ciné-concerts,

en particulier dans la grande

salle de la rue du Premier-Film

où un piano sera installé

pendant tout le festival.

 

L’âge d’or

C’est aussi pour continuer la visite

au cinéma muet italien que le film d’Almirante

est montré. Il succèdera au très remarqué

Il Fuoco (Le Feu, 1916) de Giovanni Pastrone,

proposé l’an dernier. Rappelons que le cinéma muet

italien était dans les années dix, l’un des plus actifs

de la planète cinéma, tant par ses réalisateurs

(Pastrone, Bertolini, Guazzoni, etc.)

que par ses acteurs et surtout actrices

(Lydia Borelli, Francesca Bertini).





Projection à l'Institut Lumière avec accompagnement au piano en direct.

La compagnia dei matti

Italie, 1928, 2 h 15, noir et blanc, format 1.33

Réalisation
: Mario Almirante
Scénario : Camillo Bruto Bonzi d’après la pièce de Gino Rocca
Photo : Massimo Terzano

Production
: S.A. Pittaluga

 

Interprètes : Vasco Creti (Momi Tamberlan), Carlo Tedeschi (Bortolo Cioci), Alex Bernard (Piero Scavezza), Elena Lunda (Irma), Lili Migliore (Ginetta), Cellio Bucchi (Conte Bardonazzi), Vittorio De Sica (Prof. Rosolillo), Guiseppe Brignone (Siora), Giuseppe Migliore (Sioria)

Sortie en Italie : 3 novembre 1928

 

Copie Restaurée : Fondazione Cineteca Italiana, Milano



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