Frankenweenie

Tim Burton

États-Unis, 2012


Victor Frankenstein est un jeune garçon qui vit tranquillement avec sa famille et son chien Sparky, qu'il adore. Jusqu'au jour où son compagnon de jeu meurt. Au lieu d'accepter la fatalité, Victor décide de ramener son animal à la vie, quitte à employer des techniques scientifiques terrifiantes…

À sa sortie du California Institute of the Arts, en 1979, Tim Burton rejoint l'équipe d'animation des studios Disney. Il y travaille sur Rox et Rouky (1981), puis élabore des monstres et des créatures pour Taram et le chaudron magique (1985), qui ne sont pas retenus. « La position de Burton chez Disney, précise Gilles Ciment (Positif n°412) – on ne savait trop que faire de lui – et la tendance morbide de l’époque (qui voit Disney mettre en chantier le ténébreux Black Cauldron et Spielberg réaliser le malsain Indiana Jones et le temple maudit) expliquent sans doute ce qui conduisit la firme à produire de telles bizarreries, dont elle était ensuite bien embarrassée : Frankenweenie, à l’origine destiné à accompagner la reprise de Pinocchio (1940) mais frappé d’une classification PG (parental guidance), a été montré dans quelques salles tests pendant cinq jours, avant d’être déclaré "en avance sur son temps" et précipité aux oubliettes. Burton put cependant jouir d’une grande liberté dans la réalisation de ces oeuvres très personnelles en noir et blanc. » « Même dans mes rêves les plus fous, témoigne-t-il lui-même (Tim Burton par Tim Burton, Mark Salisbury, Le Cinéphage, 1995), jamais je n’aurais pu imaginer mener à bien avec la bénédiction d’un studio tous ces projets. Les grands studios soutiennent désormais la mise en place de programmes de formation dans les écoles de cinéma, voire les subventionnent. Mais à l’époque, mon cas était sans précédent, et j’avais bien conscience que cette situation était unique. » C’est de ce premier court métrage, qui est un film et pas une animation, même s’il est né de quelques dessins, que Frankenweenie est inspiré. Lancée en 2005, l'adaptation animée de Frankenweenie a été scellée lorsque Tim Burton a signé un contrat avec Disney pour deux films en 3D, dont Alice au pays des merveilles (2010) qui a récolté plus d'un milliard de dollars. Réalisé en stop-motion (technique précédemment utilisée pour L'Étrange Noël de Monsieur Jack en 1993) et en 3D, en noir et blanc, Frankenweenie apporte au film d’animation classique en image par image une toute nouvelle dimension. Il est animé à vingt-quatre images par seconde. Cela signifie que l’animateur doit s’arrêter et repositionner la marionnette vingt-quatre fois afin d’obtenir une seule seconde d’action filmée. En moyenne, un animateur peut produire seulement cinq secondes de film par semaine. Fabriquer un grand nombre de marionnettes du même personnage a permis aux animateurs de travailler sur plusieurs scènes à la fois. Plus de deux cents marionnettes ont été créées pour le film, dont dix-huit Victor et quinze Sparky. Il fallait disposer de plusieurs exemplaires de chaque personnage puisque chaque animateur travaillait indépendamment sur des scènes différentes. Ils devaient également pouvoir recourir à des doubles si une marionnette avait besoin de réparations. La première marionnette à avoir été conçue pour le film a été Sparky, et c’est elle qui a dicté les dimensions de chacun des éléments de la totalité du film. Véritable retour aux sources pour le cinéaste passé du côté de la machine hollywoodienne, Frankenweenie version 2012 marque également ses retrouvailles avec Catherine O'Hara et Winona Ryder. La résurrection du chien Sparky sonne la renaissance d'un cinéaste emblématique. 

La marionnette Sparky

Sparky est une marionnette d’une formidable

complexité. Son corps comporte plus de trois cents

articulations et, en raison de la finesse de ses pattes,

il fallait souvent le soutenir avec un dispositif spécial

afin que les animateurs puissent le faire bouger

comme un chien de façon plus réaliste.

 

Titre

« Frankenweenie, explique Marie-Anne Guérin (Cahiers du cinéma n°486), est un nom

composé par Tim Burton pour son héros, le chien Sparky. C’est l’articulation de trois données

lexicales : l’adjectif weeny qui, dans le langage enfantin, désigne ce qui est minuscule, tout petit,

et le verbe ween qui, dans des temps anciens, signifiait penser, imaginer, mais aussi croire et

s’attendre à ; Franken est là pour Frankenstein en hommage au personnage de Mary Shelley,

mais c’est aussi le nom patronymique que Tim Burton a donné aux parents de Victor, le petit héros

du film, et qui fait de Sparky – spark veut dire étincelle, parfois décharge électrique et dans

des temps anciens, amoureux ou amant –, le petit dernier, le plus petit des Frankenstein. »

 

Hommage à Frankenstein : 1984

Tim Burton : « Le fait d’avoir grandi en regardant des films d’horreur m’a permis d’établir

des liens entre Frankenstein, Edgar Allan Poe et mon enfance en banlieue. Pour Frankenweenie,

je n’ai revu ni Frankenstein, ni aucun film d’ailleurs. Quand j’ai finalement revu Frankenstein,

je me suis aperçu que le ciel ne ressemblait pas exactement à la manière dont je l’avais décrit.

Mais c’était l’impression que j’en avais gardé qui comptait. Emprunter pour emprunter,

c’est la preuve qu’on ne ressent rien pour ce qu’on emprunte. »

 

Décors

En tout, environ 200 décors ont été construits pour Frankenweenie.

Le décor le plus difficile à concevoir a été celui de la ville de New Holland. Il a fallu le construire

entièrement, et qu’il soit complètement fonctionnel afin que les animateurs puissent y situer l’action

dans n’importe quel endroit. Le décor le plus difficile à construire a été le moulin en train de s’effondrer.

Le décor où il a été le plus difficile de tourner a été celui du laboratoire de Victor, installé dans le grenier,

avec son magnifique éclairage interactif et les effets installés et programmés

par le directeur de la photographie, Peter Sorg.





Frankenweenie
États-Unis, 2012, 1h27, noir et blanc, format 1.85

Réalisation
: Tim Burton
Scénario et dialogues : John August, Tim Burton d’après une histoire de Leonard Ripps
Photo : Peter Sorg
Musique : Danny Elfman
Montage : Chris Lebenzon, Mark Solomon
Décors : Rick Heinrichs


Production
: Allison Abbate, Tim Burton, Derek Frey

Avec les voix originales de
: Charlie Tahan (Victor), Martin Landau (Monsieur Rzykruski), Martin Short (Bob/Nassor/Toshialki/le père de Victor/Monsieur Bergermeister), Winoma Ryder (Elsa van Helsing), Catherine O’Hara (Edgar/la fille bizarre/la mère de Victor/ La prof de gym), Michael Keaton (Frankenstein).


Sortie aux États-Unis : 5 octobre 2012
Sortie en France : 31 octobre 2012

Séances



Samedi 20 octobre à 14h15, Pathé Bellecour



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