Le Magnifique

Philippe de Broca

France, Italie, 1973


François Merlin (Jean-Paul Belmondo) est un auteur de romans d’espionnage populaires écrits à la chaîne, qu’il doit livrer une fois par mois à son éditeur, Monsieur Charon (Vittorio Caprioli). Le héros de tous ses romans s’appelle Bob Saint-Clair. Merlin n’abandonne son travail que pour contempler, à travers la fenêtre, sa mystérieuse et séduisante voisine Christine (Jacqueline Bisset). Emporté par son imagination, il décide de prêter à son entourage les traits des personnages de son roman et c’est ainsi que la jolie voisine devient la belle Tatiana, créature de rêve qui doit seconder Bob Saint-Clair dans ses aventures mexicaines, que Charon deviendra l’abominable Karpoff, chef des services secrets albanais. Merlin, lui, devient évidemment Saint-Clair…

Huit ans après leur dernière collaboration, Les Tribulations d’un Chinois en Chine (1965), Philippe de Broca et Jean-Paul Belmondo se retrouvent pour un nouveau film, dont le scénario est concoté par Francis Veber, qui écrira de grandes comédies avant d’en réaliser lui-même. « Ce script n’obtint pourtant pas l’entière approbation du cinéaste, raconte Alexandre Grenier (Jean-Paul Belmondo, Éditions Veyrier, 1985). Aidé de Jean-Paul Rappeneau, Philippe de Broca le modifia, développant le rôle de Tatiana-Christine, à peine existant dans la première version. Ce remaniement ne fut pas du goût de Francis Veber, qui demanda que l’on retire son nom du générique, bien que l’idée de base ait été entièrement conservée par Philippe de Broca. » On retrouve, dans Le Magnifique, la verve, l’imagination, l’art de la fugue et du contrepoint de Philippe de Broca (et de Rappeneau), qui marie fantaisie et charme avec virtuosité. « J’avais repéré Acapulco pendant la saison des pluies : il y avait des fleurs partout, des palaces américano-mexicains où les piscines étaient transformées en jungle, explique-t-il. Tout ce côté James Bond me plaisait énormément. Mais lorsque nous sommes retournés là-bas pour filmer, j’étais effondré, car c’était la saison sèche : une végétation toute grise, moche, assoiffée. Je ne savais plus où mettre la caméra. » Alexandre Mnouchkine eut l’idée de placer, face à Belmondo, Jacqueline Bisset : « C’est moi qui ai beaucoup insisté pour elle, explique-t-il, et Jean-Paul était tout à fait d’accord, alors que Philippe, on a dû le violer un peu, mais après, ça s’est admirablement bien passé. Ils étaient très copains, elle a été charmante. Il n’y avait pas beaucoup de femmes comme elle, c’était une vedette en Amérique et j’avais espoir d’y distribuer le film. En plus, elle venait de faire un film avec Truffaut où elle était admirable. » Dans Le Magnifique, elle parvient dans un double rôle de femme fatale et de timide étudiante en sociologie à séduire un Jean-Paul Belmondo virevoltant, à la hauteur duquel elle évolue de façon superbe. Grâce à eux, et à toute la distribution, l’astuce du film marche parfaitement, au premier ou au second degré. Coproduit par l’acteur, cette réjouissante satire des films d’espionnage dont les héros, virils et impitoyables, éliminent leurs ennemis tout en séduisant les plus belles femmes du monde, eut un énorme succès public : 725 000 entrées uniquement à Paris et quatorze semaines d’exclusivité. 

 

Hors plateau

« Le Mexique donna des ailes à la folie

dévastatrice de Jean-Paul Belmondo.

Comme au bon temps de L’Homme de

Rio, il ne se passa pas un jour sans

qu’il ne fasse une plaisanterie » raconta

plus tard Alexandre Mnouchkine.

 

Cascadeur

Au cours d’une cascade

– qu’il effectuait lui-même –,

Jean-Paul Belmondo, sautait d’une

voiture en marche et atterrissait sur

une pile de cartons destinés

à amortir sa chute. Mais les cartons

étant mal positionnés, Belmondo

se foula la cheville. Il dût marcher

plâtré plusieurs jours.

 

Equipement

Pour les scènes de fusillade, le cinéaste n’utilisa pas moins de dix mille balles

de mitrailleuses et de revolver et plus d’une demi-tonne d’explosifs, presque autant que

pour Le Jour le plus long (Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki,

Darryl F. Zanuck, 1962).

 

Philippe de Broca

Ancien assistant de Chabrol et Truffaut, figure attachante du cinéma français

populaire, Philippe de Broca a réalisé plusieurs films auquel le temps a donné

de la valeur (Le Farceur, Le Roi de coeur, Le Diable par la queue, L’Incorrigible). Il en raté

d’autres, aussi, certes, mais le parcours et la personnalité de celui que les acteurs adoraient

justifient la place que peu à peu son oeuvre occupe

dans le cinéma français.





Le Magnifique
France, Italie, 1973, 1 h 30, couleur, format 1.66
Réalisation : Philippe de Broca
Scénario : Philippe de Broca, Vittorio Caprioli, Jean-Paul Rappeneau
Photo : René Mathelin
Musique : Claude Bolling
Montage : Henri Lanoë
Décors : François de Lamothe, Robert Christidès

Production : Robert Amon, Georges Dancigers, Alexandre Mnouchkine, Les Films Ariane, Mondex Film, Cerito Films, Oceania Films, Rizzoli Film
Interprètes : Jean-Paul Belmondo (Bob Saint-Clair / François Merlin), Jacqueline Bisset (Tatiana / Christine), Vittorio Caprioli (Karpoff / Charon), Hans Meyer (Colonel Collins), Monique Tarbès (Mademoiselle Berger), Bruno Garcin (Pilu), Raymond Gérôme (Général Pontaubert), Jean Lefebvre (l’électricien)

Sortie en France : 23 novembre 1973

Distributeur : StudioCanal

Copie restaurée par StudioCanal, issue du négatif image. Etalonnage validé par Pierre Lhomme.

Séances



Mardi 16 octobre à 19h30, Pathé Bellecour
Jeudi 18 octobre à 20h30, Cinéma MDP
Dimanche 21 octobre à 15h30, UGC Ciné Cité internationale



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