Les Mariés de l'an II

Jean-Paul Rappeneau

France, Italie, Roumanie, 1971


1793. Nicolas Philibert (Jean-Paul Belmondo), qui a fait fortune au Nouveau Monde après y avoir été exilé, est sur le point d’épouser une riche héritière de Caroline du Sud. Mais l’union est compromise : Nicolas est déjà marié. Il s’embarque aussitôt pour la France afin de retrouver Charlotte (Marlène Jobert), son amie d’enfance, épousée quelques années plus tôt et d’annuler ce mariage…

Cinq ans après La Vie de château, son premier film, Jean-Paul Rappeneau réalise un nouveau marivaudage sur fond de guerre. Cinq ans, c’est-à-dire quatre ans de préparation et quatre mois de tournage, qu’il consacrera aux Mariés de l’an II : « L’histoire d’un homme et d’une femme du peuple qui se sont aimés, puis séparés dans les dernières années de la royauté, et qui se retrouveront à travers et par la Révolution. » raconte le réalisateur, qui cite aussi Nietzsche : « Je souhaite une oeuvre où la profondeur donnerait la main à la légèreté comme la marche à la danse. » Et aussi Chamfort : « Je me crois perdu le jour où je n’ai pas ri. »

Cette comédie correspond, selon le journaliste et écrivain François Nourissier (dont il faut lire les mémoires, À défaut de génie), « à ce qu’on pourrait appeler le western français : une référence à notre patrimoine idéologique favori, illustré par une histoire de cape et d’épée traitée en Technicolor révolutionnaire. Pour un Français, cette mise en scène des années 1789 à 1815 fait partie de son bagage sentimental et national. La prise de la Bastille, c’est un peu notre Ouest. » Pourtant, ce n’est pas à l’Ouest, mais à l’Est que le film a été tourné, plus précisément en Roumanie : « La France ancienne n’existe plus, explique le réalisateur. Il fallait la réinventer, trouver un pays qui n’ait pas été métamorphosé par la société de consommation. Certaines scènes devaient se dérouler dans l’estuaire de la Loire, mais la région est aujourd’hui dominée par les cheminées d’usine. L’estuaire du Danube, lui, n’a pas changé depuis des siècles. Et les Carpates et leurs routes de terre battue figurent très bien les Vosges du XIXe siècle. » Comme à son habitude, Rappeneau a pris son temps pour préparer son film, refusant tous les projets qui venaient à lui après le succès critique et public de La Vie de château. Il s’offre Jean-Paul Belmondo et Marlène Jobert, immenses vedettes qui distillent à l’écran une énergie inépuisable. Michel Auclair, Sami Frey ou encore Pierre Brasseur sont aussi de la partie, comme Claude Sautet et Maurice Clavel qui l’accompagnent pour l’écriture du scénario. On retrouve vite ce qui faisait déjà le charme de La Vie de château. Rappeneau a juste changé de rythme : les tendres embuscades deviennent folles poursuites et bagarres endiablées. Son cinéma s’affirme, rare, singulier et populaire.

 

 

Coup de foudre

C’est sur le tournage des Mariés de l’an II que
Laura Antonelli et Jean-Paul Belmondo se sont rencontrés.
C’est le coup de foudre : ils vécurent ensemble dix ans.
« Jean-Paul a été le grand amour de ma vie »
confie l’actrice, qui a récemment ému l’opinion en
évoquant sa solitude et sa maladie.

 

Inspiration

« En classe d’histoire, je m’ennuyais jusqu’au second semestre,
qui était consacré à la Révolution française, raconte Rappeneau.
L’histoire du monde ne m’intéressait pas avant les États Généraux…
L’un des premiers livres que j’ai lu était 1793 de Victor Hugo,
dont l’histoire se situe dans la région de Brittany et d’Anjou,
appelée Vendée. Certains détails dans Les Mariés de l’an II
rappellent ce livre, pensés et traités différemment. »

 

Amitié

Belmondo raconte qu’il avait promis de veiller à ce que
son ami Paul Brasseur, formidable acteur mais alcoolique, reste sobre.
En allant le chercher à l’aéroport, il a vite compris que cette promesse
serait difficilement tenue : « Il m’a salué du haut de la passerelle
et il est tombé jusqu’en bas, raconte Belmondo. “Je t’avais apporté
du Beaujolais, mais j’ai tout bu, lui explique Brasseur.” Et il a passé un mois
pété tous les jours !
Il a été parfait. C’est un type qui assurait toujours. »

 

Acteur

Selon Rappeneau, les acteurs jouent souvent selon un phénomène
d’imitation inconsciente en fonction de ce que le réalisateur attend.
« Laura Antonelli, qui ne parlait pas un mot de français et qui avait seulement paru
dans un western et un ou deux films en Italie, a appris son rôle à partir d’un enregistrement
que je lui avais fait moi-même, raconte Rappeneau. Elle est repartie à Rome avec
son magnétophone, puis a passé sans cesse la bande jusqu’à la connaître par coeur.
Lorsqu’elle est revenue, elle jouait exactement comme moi ! »




Les Mariés de l’an II
France, Italie, Roumanie, 1971, 1 h 39, couleur, format 1.85

Réalisation : Jean-Paul Rappeneau
Scénario : Jean-Paul Rappeneau, Maurice Clavel, Claude Sautet
Photo : Claude Renoir
Musique : Michel Legrand
Montage : Pierre Gillette
Décors : Willy Holt
Costumes : Marcel Escoffier

Production
: Alain Poiré, Gaumont International, Rizzoli Film, Studioul Cinematografic Bucuresti

Interprètes : Jean-Paul Belmondo (Nicolas Philibert), Marlène Jobert (Charlotte Philibert), Laura Antonelli (Pauline de Guérandes), Michel Auclair (le Prince), Julien Guiomar (le représentant du peuple), Mario David (Requiem), Charles Denner (le passager), Georges Beller (Simon), Paul Crauchet (l’accusateur public), Marc Dudicourt (le chauve), Patrick Préjean (Saint-Aubin), Sim (Lucas), Pierre Brasseur (Gosselin, le père de Charlotte), Sami Frey (Henri, marquis de Guérandes), Jean Barney (l’orateur républicain), Patrick Dewaere (un volontaire)

Sortie en France : 7 avril 1971
Sortie en Italie : 28 septembre 1971

 

Distributeur : Gaumont

Copie restaurée en 2K par Gaumont.

Séances



Mercredi 17 octobre à 20h30, Pathé Vaise
Jeudi 18 octobre à 16h30, Pathé Bellecour
Vendredi 19 octobre à 20h30, UGC Ciné Cité internationale
Dimanche 21 octobre à 14h40, Pathé Cordeliers



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