Cléo de 5 à 7

Agnès Varda

France, Italie, 1962


Une chanteuse, Cléo (Corinne Marchand), attend les résultats d’une analyse médicale. De la superstition à la peur, de la rue de Rivoli au café Le Dôme, de la coquetterie à l’angoisse, de chez elle au parc Montsouris, elle va vivre quatre-vingt-dix minutes particulières. Son amant, son musicien, une amie, puis un soldat lui ouvrent les yeux sur le monde…

Cléo de 5 à 7 est le second long métrage de l’une des rares femmes cinéastes de l’époque (et elle le sera resté toute sa carrière). Agnès Varda est la compagne de Jacques Demy – c’est d’ailleurs dans Lola, un an auparavant, qu’elle découvre Corinne Marchand dans un petit rôle. De Cléo de 5 à 7, elle a écrit le scénario, les dialogues, les paroles des chansons. Elle choisit aussi les cadrages et tout le reste, elle suit Cléo avec la caméra tout au long de sa promenade à travers Paris, qui dure en fait une heure et demie – de 17h à 18h30, non pas de « 5 à 7 ». Elle fait ainsi coïncider le temps du film et le temps du spectateur, qui peut aisément refaire le trajet de la jeune femme à travers la ville. À l’intérieur du temps mécanique existe pour Cléo le temps subjectif, donc inégal, comme une respiration altérée. Le tournage, qui a duré un mois et demi, respecta l’ordre des scènes, contribuant à ce qu’à la fin du film, Corinne Marchand soit réellement habitée par son personnage de Cléo : « Je me sentais aussi fatiguée qu’elle et aussi heureuse. Un tel sujet exigeait ce style de tournage et pour les acteurs et pour la progression dramatique. » Cléo de 5 à 7 est un film qui dure au temps présent, mais également dans le temps. À sa sortie, Alain Resnais clame son admiration « de midi à minuit » et André Cayatte s’enthousiasme : « Agnès Varda a du génie ; ses créatures vivent. Depuis que l’ai vue, Cléo me hante. » Beaucoup de femmes également rendent hommage à Agnès Varda : Françoise Sagan souligne « un sujet merveilleux et féroce », Annie Girardot déclare qu’elle « voudrait bien vivre avec Cléo et son petit monde », Brigitte Bardot salue le film qui « lui donne envie de continuer à faire du cinéma », Monica Vitti parle d’un « film extrêmement sensible que seule une femme pouvait réaliser : Cléo de 5 à 7 peint, en images touchantes et vraies, notre comportement face à la mort comme face à la vie. » Enfin, ce qui frappe dans ce film, c’est la liberté de Varda, cette audace qui fait d’elle d’emblée une cinéaste (elle était alors photographe, mais avait tout de même déjà tourné un long et trois courts) et une artiste. « J’ai toujours pensé que la chance était mon premier assistant, déclarera-t-elle en 2005 à Libération. Profiter des rencontres, conquérir le monde par ses hasards, c’était la philosophie de la Nouvelle Vague en général, et la mienne en particulier. »

« Cléo, ajoute-t-elle, c’est l’histoire de la femme-objet, de la femme-image, de la femme-reflet… qui, un jour, prend conscience qu’elle vit passivement. Elle ouvre les yeux, elle voit soudain les autres, et qu’on peut vivre autrement. »

 

Film dans le film

Un court métrage burlesque réalisé par Agnès Varda est

inclus dans le film. On y retrouve des visages connus, ses

amis de la Nouvelle Vague. Les Fiancés du pont Macdonald

ne sont autres que Jean-Luc Godard et Anna Karina.

On y aperçoit également Jean-Claude Brialy, Sami Frey,

Eddie Constantine, ainsi que Danièle Delorme

et Yves Robert.

 

De 5 a 7 !

Tout au long du film, des indications d’heure sont données ou intégrées

dans le décor. Au café, l’heure semble ne pas correspondre sur l’horloge,

mais c’est simplement parce que c’est le reflet du miroir que nous voyons

dans le plan. L’intégralité du trajet de Cléo dans Paris durant ce laps de

temps est parfaitement réalisable.

 

Guerre d’algérie

Le militaire qui accompagne Cléo à la fin du film est une référence explicite à la guerre d’Algérie.

Contrairement à une idée reçue, le jeune cinéma français de l’époque évoqua la « guerre sans nom »

et ses répercussions sur la jeunesse de l’époque.





Cléo de 5 à 7
France, Italie, 1962, 1 h 30, noir et blanc, format 1.66

Réalisation, scénario et dialogues
: Agnès Varda
Assistants réalisation : Bernard Toublanc-Michel, Marin Karmitz
Photo : Paul Bonis, Alain Levent, Jean Rabier
Musique : Michel Legrand
Montage : Pascale Laverrière, Janine Verneau
Décors et costumes : Bernard Evein
Costumes : Alyette Samazeuilh


Production
: Georges de Beauregard, Carlo Ponti

Interprètes
: Corinne Marchand (Cléo), Antoine Bourseiller (Antoine), Dominique Davray (Angèle), Dorothée Blanck (Dorothée), Michel Legrand (Bob, le pianiste), José Luis de Vilallonga (l’amant), Loye Payen (Irma), Serge Korber (Maurice), Jean Champion (le patron du café)

Sortie en France : 11 avril 1962

Séances



Mardi 16 octobre à 20h30, Cinéma Les Alizés
Jeudi 18 octobre à 10h30, Pathé Bellecour
Vendredi 19 octobre à 19h10, Pathé Cordeliers
Dimanche 21 octobre à 15h30, UGC Ciné Cité Confluence
Mercredi 31 août à 20h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Dimanche 04 septembre à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Dimanche 02 octobre à 14h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8



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