Nightbirds

Andy Milligan

États-Unis, Angleterre, 1970


Dans le Londres de la fin des années soixante, Dee (Julie Shaw), femme entreprenante qui vit dans un appartement miteux au-dessus d’un entrepôt, prend sous son aile Dink (Berwick Kaler), un jeune garçon naïf et faible qui a fui l’autorité possessive de sa mère. Elle l’entraîne dans un apprentissage de la sexualité et des relations sociales. Mais elle le soumet vite à une importante dépendance émotionnelle et psychologique…

Andy Milligan, cinéaste américain né dans le Minnesota en 1929 (et mort en 1991), est quasi-inconnu aux États-Unis et l’est plus encore en Europe. Grâce à la passion ancienne de Nicolas Winding Refn – le remarquable réalisateur de Bronson (2008), Valhalla Rising (2009) et Drive (2011) – et au travail du British Film Institute, une partie de son oeuvre a été remasterisée en haute définition à partir des matériaux retrouvés. Nightbirds est le premier des cinq films qu’Andy Milligan a tournés à Londres. À mi-chemin entre Le Dernier Tango à Paris (Bernardo Bertolucci, 1972) et Breathless (Jim McBride, 1983), c’est l’histoire d’un amour tordu, une histoire pénétrée d’érotisme, pas si éloignée que ça de la Nouvelle Vague. La mystérieuse Dee recueille Dink dans la rue, lui offrant abri et protection. Ils développent une relation curieuse qui oscille, souvent de manière très brusque, entre intimité sexuelle et jalousie furieuse. La tendresse cédant petit à petit le pas à la cruauté, Dee et Dink se consument dans la noirceur de leur relation, qui sombre dans une spirale incontrôlée. Une version à laquelle il manquait plusieurs minutes fut montrée à une poignée de spectateurs dans une salle de Spitalfields, un quartier de l’est londonien. Le film ne connut pas de meilleure fortune dans le reste du globe. « À 12 ans, raconte Winding Refn, à l’insu de ma mère, je me suis acheté mon premier livre sur le cinéma : Splatter Films, de John McCarty. C’est alors que j’ai découvert Andy Milligan et commencé à chercher des vidéos de ses films - Gutter Trash (1969), Fleshpot on 42nd Street (1973), Guru, The Mad Monk (1970) and The Naked Witch (1967). Quand je les ai enfin vus, j’ai été surpris. Par leur crudité, et par la difficulté qu’il y avait à les regarder, à les affronter. Mais, en même temps, j’ai réalisé qu’il y avait là un homme qui faisait des films personnels, à sa manière. Il a utilisé le cinéma comme un matériau dans lequel il pouvait exprimer sa conscience, ses sensations. J’ai trouvé cela fascinant. Rendre Nightbirds de nouveau accessible, témoigne Nicolas Winding Refn, est la concrétisation de la promesse que je m’étais faite. C’est un film injustement oublié, dans lequel le cinéaste a mis son coeur et son âme. Qu’il puisse enfin être vu tient du miracle. »







Nightbirds
États-Unis, Angleterre, 1970, 1 h 18, noir et blanc, format 1.37

Réalisation
: Andy Milligan

Production
: Leslie Elliot


Interprètes
: Julie Shaw (Dee), Berwick Kaler (Dink), Elaine Shore (Mabel), Bill Clancy (Ginger), Bay White (la mère de Dee), Johnathan Borkai (le commerçant), Felicity Sentance (la première fille), Susan Joyce (la seconde fille), Susan McCormick (Rosie)

Provenance des copies : British Film Institute, copies personnelles de Nicolas Winding Refn 

Séances



Mardi 16 octobre à 22h15, Institut Lumière



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