Final Cut Mesdames & Messieurs

György Pálfi

Hongrie, 2012


Le véritable film d’amour raconte l’histoire de l’homme réel et de la femme réelle. Qu’est-ce que l’homme réel dans la vie? Et la femme réelle? En recyclant les héros et les héroïnes de celluloïd de cinq cents titres (les objets de tant de rêves et de désirs), le film de collage de György Palfi montre à quoi ils ressemblent et aussi ce qui se passe quand ils se rencontrent.

Final Cut – Mesdames et Messieurs est un film de montage composé des plus belles scènes d’amour du cinéma. Après quatre longs métrages (Hukkle, prix de la découverte européenne à l’European Film Academy et mention spéciale pour le meilleur jeune réalisateur à San Sebastian en 2002 ; Taxidermie, sélectionné à Cannes dans la catégorie Un certain regard en 2006 ; I Am Not Your Friend, sélectionné à Karlovy Vary en 2009), le talentueux et imprévisible réalisateur hongrois, confronté à une sérieuse crise de l’industrie du film dans son pays, a décidé de raconter une histoire d’amour en utilisant, sans autorisation, des images de films emblématiques. « L’état du cinéma hongrois est tel, explique Lucien Logette (Jeune cinéma n° 346, été 2012) – un seul titre parvenu sur nos écrans en 2011, Le Cheval de Turin, de Bela Tarr, dont on sait qu’il renonce à tourner désormais – que György Pálfi, un des rares cinéastes magyars, avec Kornel Mundruczo, repérés par la critique, faute de pouvoir réaliser un vrai film, vient de signer une oeuvre totalement impersonnelle dans laquelle aucun plan ne lui appartient. À la tête d’une équipe de monteurs, il a recueilli trois ans durant, quelques centaines d’extraits de films célèbres (il en promet cinq cents) qu’il a assemblés soigneusement, les classant par analogies de situations, de gestes, d’actions – avec une vague trame, allant du matin à la nuit, de la naissance à la mort. » De Metropolis à Indiana Jones et au Parrain, de Avatar, Scènes de la vie conjugale, Psychose aux Temps modernes, et à quelques extraits de séries télévisées, Final Cut embrasse large. À travers ces extraits, le cinéaste livre une réflexion sur le « véritable film d’amour » et par là même sur celle de « l’homme réel et de la femme réelle. » György Pálfi appelle son oeuvre un « film recyclé ». Avec ce film, il fait bien plus qu’un assemblage de séquences, mais une déclaration d’amour au cinéma. Bien que pleinement conscient que Final Cut, dont il a écrit le scénario avec Zsófia Ruttkay, ne pourra jamais être exploité commercialement, puisqu’il n’a acquis aucun des droits nécessaires, le réalisateur espère cependant qu’il circulera dans les festivals. « L’histoire d’amour absolue, explique György Pálfi, est l’histoire de l’homme absolu et la femme absolue. Et quels sont les signes distinctifs de l’homme absolu ? Et bien, il est aussi charmant que Marcello Mastroianni dans La dolce vita. Mais également bâti comme Brad Pitt dans Fight Club. Il conserve cet air d’enfance qu’a Leonardo DiCaprio dans Titanic... ou plutôt celui d’Alain Delon dans Rocco et ses frères, mais juste un peu plus grand, peut-être comme Belmondo. Il fait des ravages comme Clark Gable et est parfois un peu mélancolique, comme Tony Leung Chiu Wai dans In The Mood for Love. Il est meneur comme Sean Connery ou Daniel Craig dans le rôle de James Bond, mais imprévisible et excentrique comme Latinovits dans Szindbád. Il est aussi un peu maladroit, comme Chaplin dans Les Temps modernes, mais énigmatique et un peu effrayant, comme Gary Oldman dans Dracula. Et bien sûr, il est très drôle, comme Woody Allen dans Annie Hall. Et que dire de la femme ultime ? Elle est certainement imprévisible et instinctive comme Gina Lollobrigida, mais elle est aussi gracieuse et sait bien se conduire, comme Audrey Hepburn. Elle a la candeur enfantine d’Audrey Tautou, mais est froide et distante comme Greta Garbo. Elle est drôle et familière comme Julia Roberts, mais son sourire est celui d’Ava Gardner. Elle est divine, comme Sophia Loren, mais ce n’est pas un problème si elle ressemble à Monica Bellucci... et en même temps elle est éthérée, comme Liv Tyler lorsqu’elle interprète une fée. Elle sait ce qu’elle veut, comme Sharon Stone, mais est parfois perdue et innocente, comme Zita Szeleczky. Et – j’allais presque oublier – elle embrasse comme Kim Novak. Oh, mon Dieu, que se passera-t-il, s’Il La rencontre ? » « Chefs-d’oeuvre, navets, cult ou titres inconnus, peu importe, commente Lorenzo Codelli (Positif n° 617-618, été 2012). Le coeur du mélo immortel qui bat à travers tous les genres, les styles et les nationalités résonne dans Final Cut. Une femme et un homme s’aiment ; des circonstances, toujours égales mais légèrement différentes, les unissent, les séparent, les poussent au bal, au chant, au lit, à la guerre, à la fuite, aux retrouvailles, et ainsi de suite. » 





Avant-Première en présence du metteur en scène !

Final Cut – Mesdames et Messieurs
(Final Cut – Hölgyeim és Uraim)

Hongrie, 2012, 1 h 24, couleur, noir et blanc, format 1.33

Réalisation
: György Pálfi
Scénario et dialogues : György Pálfi, Zsófia Ruttkay
Musique : Balázs Barna
Montage : Judit Szakó, Károly Szalai, Nóra Richtern, Réka Lemhényi


Production
: Péter Miskolczi, György Pálfi, Béla Tarr, Gábor Téni, Gábor Váradi, Színház- és Filmmüvészeti Egyetem
TT Filmmuhely, Euro Film (Hongrie) FILMAX (Hongrie)


Images d’archives de
: Brad Pitt, Penélope Cruz, Leonardo DiCaprio, Brigitte Bardot, Alain Delon, Bruno Ganz, Greta Garbo, Rita Hayworth, Jeanne Moreau, Giulietta Masina, Marcello Mastroianni…


Séances



Mercredi 17 octobre à 19h45, Pathé Bellecour



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