La Nuit du chasseur

Charles Laughton

États-Unis, 1955


Tiraillé entre le Bien et le Mal, le pasteur Harry Powell parcourt la Virginie en assassinant des veuves et des « tentatrices ». Arrêté pour vol de voiture, il doit purger une peine de 30 jours d’incarcération. En prison, il fait la connaissance de Ben Harper, un condamné à mort qui vient de faire un hold-up. Harper, qui parle dans son sommeil, révèle qu’il a caché un magot de 10 000 $ dans un endroit seulement connu par ses deux jeunes enfants. À sa sortie de prison, Powell se rend à la ferme des Harper et se rapproche de la veuve, qu’il finit par épouser. Devenu chef de la famille, il va pouvoir extorquer le secret aux enfants…

« Comme je ne suis pas un inventeur d’histoires, a déclaré Charles Laughton (cité dans le livre de Philippe Garnier accompagnant le DVD), je suis devenu un raconteur d’histoires. J’aimerais devenir l’homme qui connaît toutes les histoires... Cela ne pourra jamais se faire, parce qu’aucun homme ne peut connaître toutes les histoires. Je songe à toutes ces histoires et à tous ces contes que je ne connaîtrai jamais, et je voudrais vivre mille ans. » La Nuit du chasseur est l’unique film de Charles Laughton, comédien dirigé par les plus grands cinéastes tels que Preminger, Kubrick, Wilder, Lean, Hitchcock, Losey, DeMille ou Renoir. Film unique et l’un des plus célèbres de l’histoire du cinéma. Mais ce qu’on ignore souvent, c’est qu’il reçut un accueil très mitigé lors de sa sortie. Ainsi, les Cahiers du cinéma jugèrent, en 1955, dans une note collective, que « ceux qui prisent les peintures d’aliénés se passionneront peut-être pour le film de Laughton : quant à nous, nous pensons qu’il ne concerne que les psychiatres. » On pourrait parler de mille manières de ce film qui a tant suscité l’exégèse. Parler, par exemple, de la photo de Stanley Cortez, le chef opérateur du film, qui a su rendre les noirs et blancs à la fois poétiques et symboliques des décors quasi expressionnistes voulus par Charles Laughton. Il déclarera plus tard que parmi tous les réalisateurs avec lesquels il avait travaillé, seuls deux comprenaient véritablement l’importance de la lumière : Orson Welles et Charles Laughton. La Nuit du chasseur est une sorte de lanterne magique, réfractée par le prisme d’un cauchemar enfantin, un film tout en perspectives obliques et en jeux d’ombres. Pour Laughton, le meilleur moyen d’atteindre la vérité passe par des formes simples : le conte de fées, les références bibliques, les images muettes. Le mystère de l’ensemble se pare d’une fascination presque hypnotique. Entre Alice au pays des merveilles et les contes de Grimm, Coleridge et Les Aventures de Huckleberry Finn, La Nuit du chasseur est, écrit Manuel Chiche, qui a supervisé la fabrication du coffret, « l’expression d’un cinéma d’une pureté absolue, un cinéma imparfait, et donc profondément humain, qui convoque Méliès et l’univers des fêtes foraines, fait de bric et de broc, un cinéma de la débrouille, un cinéma d’artistes malaxant leur matière pour en tirer son plus bel éclat. » 

 

Copie restaurée !

C’est à Bob Gitt de UCLA Television and Film Archives, dépositaire des archives du film,

qu’on doit le travail de restauration de La Nuit du chasseur. Et c’est surtout grâce à Wild Side,

qui sort le coffret collector DVD/Blu-ray du film de Laughton, et au distributeur français Carlotta,

qu’on peut le voir sur grand écran dans le Grand Lyon : un privilège pour les spectateurs du festival Lumière.

 

Hate & Love

Comme le légendaire tatouage que Mitchum arbore sur ses mains, le récit est également construit

sur l’opposition Hate & Love, le Bien contre le Mal, les adultes contre les enfants, le jour contre la nuit,

la fascination contre la répulsion. Tout est à l’avenant : dans la technique, le tournage en noir et blanc,

les scènes d’extérieur face aux scènes de studio.

 

Lilian Gish

La vieille dame qui recueille les enfants n’est autre que Lillian Gish, qu’on trouvait

aux génériques des films de D. W. Griffith, et dont Kevin Brownlow parle longuement

dans La Parade est passée… Après des dizaines de rôles au cinéma,

celui-ci reste l’un des plus marquants de sa carrière.

 

Alizés Bron

Le samedi 20 octobre à 14h30 aux Alizés de Bron,

la projection du film sera précédé par une « ciné-lecture » de 30 mn

de La Nuit du chasseur, qui sera faite par les comédiens de la compagnie

Les Fileurs d’écoute.





La Nuit du chasseur (The Night of the Hunter)
États-Unis, 1955, 1 h 33, noir et blanc, 1.66

Réalisation
: Charles Laughton
Scénario : James Agee d’après le roman de Davis Grubb
Photo : Stanley Cortez
Musique : Walter Schumann
Montage : Robert Golden
Direction artistique : Hilyard M. Brown
Décors : Alfred E. Spencer
Costumes : Jerry Bos


Production
: Paul Gregory

Interprètes
: Robert Mitchum (Harry Powell), Shelley Winters (Willa Harper), Lillian Gish (Rachel Cooper), Billy Chapin (John Harper), Sally Jane Bruce (Pearl Harper), James Gleason (Birdie Steptoe), Peter Graves (Ben Harper)

Sortie aux États-Unis : 26 juillet 1955
Sortie en France : 11 mai 1956

Distributeur : Carlotta Films

Provenance de la copie : Wild Side Films

DCP issu de la restauration numérique supervisée par Robert Gitt à partir du négatif original préservé en 2001 par UCLA Film & Television Archive et en collaboration avec MGM Studios. Avec le soutien de Robert B. Sturm et The Film Foundation – Martin Scorsese.

Séances



Mardi 16 octobre à 14h30, Cinéma Comœdia
Jeudi 18 octobre à 20h00, Ciné-Rillieux
Samedi 20 octobre à 14h30, Cinéma Les Alizés
Dimanche 21 octobre à 14h00, Pathé Bellecour
Mardi 18 mars à 17h00, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Vendredi 21 mars à 21h00, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Samedi 22 mars à 16h15, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Mardi 25 mars à 18h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8
Dimanche 12 juin à 16h30, ITUT LUMIERE / HANGAR / LYON 8



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